Le jour où ton mec te largue, c'est la fin du monde. Et que personne vienne me dire le contraire parce que je lui en colle une. La fin du monde je disais. Pas dans le sens de l'implosion de notre planète, ou d'une collision avec une météorite, mais plutôt dans le sens où ta vie va devenir pourrie au moment où Gaston va prononcer ces mots " je te quitte/je ne t'aime plus/c'est fini". Au choix, ou les trois en même temps. Et surtout, ta vie va rester pourrie. Pour toujours. Parce que sans déconner, s'il te quitte c'est qu'il y a une bonne raison : t'es pas assez gentille, ni jolie, tes copines sont trop moches, tu sais pas faire à manger, t'arrêtes pas de lui piquer son pull qu'il met jamais, et surtout, tu baises mal (ou dans le cas si tu as vraiment pas de chance, c'est que ça fait 5 mois qu'il s'est remis avec son ex la conasse sans t'avoir prévenue). Alors bon, si lui te quitte, qui voudra bien de toi ? Ça me parait évident : personne. Et là tu sombres dans une profonde dépression. Un état de léthargie indescriptible. Tu pleures, tu chiales comme un bébé, parce que tu te sens comme une grosse nouille abandonnée. Comme une vieille chaussette sale poussiéreuse oubliée sous le lit. Comme la salade défraichie qui traîne depuis trois semaines dans son sac plastique dans le bac à légumes du frigo. Bref, tu te sens mal.
Seul moyen de pas sombrer et de résister à l'envie de sauter par la fenêtre du quatrième étage, appeler tes amis. Leur raconter pour te soulager un peu du poids de la douleur. Parce que je sais pas vous, mais moi je fais des crises de panique : je me retrouve à 150 battements/min assise sur mon canapé, à me demander quand est-ce que la crise cardiaque va m'emporter. Et comme ce serait vraiment trop con, qu'à même pas 25 piges la mort m'emporte sans prévenir, je décide de partir voir mes copines et les laisser me ramasser à la petite cuillère. Enfin je suis gentille, moi c'est à la louche qu'il faut me ramasser. Et là c'est un peu comme des vacances, tu te laisses porter, la fin du monde peut attendre un peu après tout.
Hier soir, dans mon lit, pendant mon
insomnie, j'ai réfléchi à des tas de première phrase. Mais je
crois que je me suis endormie avant d'avoir trouvé la bonne. Ou
alors, je l'ai trouvé mais je l'ai aussi vite oublié. Donc
pardonnez mon manque d'originalité. Je sais pas trop quoi raconter,
ou si, mais comment commencer ? Par où ? Par qui ? Et pourquoi ?
Je
vais peut-être commencer par ça. Pourquoi me faire chier à écrire
des lignes, que personne ne va lire, et qui une fois sortie de ma
tête, vont partir aux oubliettes ? La réponse est simple : paraît
que quand des trucs trop moches arrivent dans ta vie ( qui de ce fait
devient trop moche ), pour passer le cap, certains ont besoin
d'écrire. Alors des fois ça marche, des fois ça marche pas. Autant
vous dire que j'espère que ça va marcher. J'ai essayé l'alcool,
mais malheureusement je commence à faire une intolérance. A la
vodka, la bière, et puis comme un malheur n'arrive jamais seul, bah
j'aime pas le reste. Je m'retrouve comme une conne à vouloir boire
pour oublier, et en fait non. Dommage hein ? J'ai tenté la bouffe,
la malbouffe mais au bout d'un moment, on finit par se lasser. Et
devenir grosse, non merci. Pleurer c'est fait. Me reste plus grand
chose à part cracher mon venin.
Mais comme je suis une fille sympa, vous (personne susceptible d'arriver ici, par hasard, et de pas vous être endormi juste après mon histoire d'insomnie) aurez le droit à une petite musique d'accompagnement. Trop sympa j'vous dis.